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  • 15.11.2016

    Et si les catastrophes étaient réversibles ? Les 7 doigts jettent un regard optimiste sur le monde

    • Description

      12 novembre 2016 |Caroline Montpetit | Cirque

       

      Photo: Alexandre Galliez«Réversible» est un peu une réponse au fatalisme ambiant.

       Cirque
      Réversible
      À la Tohu du 16 novembre au 30 décembre

      Gypsy Snider n’avait pas dormi de la nuit, mercredi, lors de notre rencontre à la Tohu, en prévision du spectacle Réversible, de la troupe de cirque Les 7 doigts, qui prend l’affiche le 16 novembre à Montréal. Originaire de San Francisco, elle était encore secouée par les résultats de l’élection américaine de la veille. Même si elle a quitté les États-Unis pour le Québec il y a longtemps, cette cofondatrice des 7 doigts continue de voter aux élections américaines et a même mis sur pied une association qui aide les artistes de cirque américains à voter même lorsqu’ils sont en tournée.

       

      Sur la scène de la Tohu, en pleine répétition, deux jeunes femmes s’enroulent dans un tissu au milieu d’un décor intérieur de maison, sur une musique aux accents jazzés. Le spectacle Réversible est un peu une réponse au fatalisme ambiant, qui parle constamment de situations « irréversibles », en particulier en ce qui a trait aux changements climatiques. Le concept s’adapte d’ailleurs à merveille au monde du cirque, où les artistes vivent fréquemment la tête en bas.

       

      Parents inspirants

       

      Gypsy Snider a patiemment attendu que certains artistes obtiennent leur diplôme de l’École nationale du cirque pour les intégrer au spectacle. Elle parle entre autres d’une jeune jongleuse, Natasha Patterson, qu’elle a connue alors qu’elle avait cinq ans, à San Francisco. Les parents de Gypsy Snider ont fondé le Pickle Family Circus, de San Francisco, qui a révolutionné le monde du cirque américain. « Mes parents s’étaient rencontrés au San Francisco Mime Troup, qui faisait du théâtre politique », poursuit Gypsy Snider. Né à la belle époque de la contre-culture, « le Pickle Family Circus était féministe et même un peu communiste ».

       

      La mère de Gypsy, Peggy Snider, était jongleuse. « Il y a peu de femmes jongleuses », dit Gypsy, qui a elle-même pratiqué cette discipline.

       

      Réversible met en scène des espaces restreints, comme les pièces intérieures d’une maison, mais propose aux artistes de s’élever au-dessus de ces murs et de voir plus loin. Peggy Snider insiste par ailleurs pour que les artistes aillent chercher l’attention du public, en tentant de le comprendre, encore plus qu’en tentant de l’impressionner.

       

      Être à l’écoute

       

      Cette attitude se reflète aussi dans l’analyse qu’elle fait de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. « Il faut écouter » ce que les gens qui l’ont élu ont à dire, pour les rejoindre, dit-elle. Le pouvoir ne peut pas s’asseoir sur la satisfaction d’une élite convenue et coupée de la base. En cours de création du spectacle, Snider a demandé aux artistes de retracer des événements survenus dans la vie de leurs grands-parents qui ont marqué leur vie pour toujours. Le spectacle est d’ailleurs basé sur chacune de ces histoires.

       

      Depuis mardi soir, Gypsy Snider a reçu plusieurs messages d’amis américains qui expriment le souhait de quitter leur pays. Elle leur répond que ce n’est pas la solution, même si c’est le chemin qu’elle a elle-même pris dès qu’elle a atteint sa majorité.

       

      Installée à Saint-Henri depuis des années, elle apprécie l’assurance-maladie québécoise qui lui a permis de soigner un cancer et le fait que tous les enfants de son quartier, immigrants ou non, peuvent fréquenter une école convenable.

       

      http://www.ledevoir.com/culture/cirque/484422/et-si-les-catastrophes-etaient-reversibles

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